Haïti a marqué sa présence sur la scène internationale en participant à la 12ᵉ rencontre régionale sur la finance de la biodiversité pour l’Afrique et les États arabes, tenue du 28 au 30 avril 2026 à Nairobi. Cet événement d’envergure a réuni plus de 150 experts et décideurs issus de 56 pays autour des enjeux cruciaux liés au financement de la biodiversité.
Représentant le Bureau du Programme des Nations Unies pour le développement en Haïti, le Dr Jean Marry Exantus, coordonnateur national de BIOFIN Haïti, a porté la voix du pays en mettant en avant des solutions innovantes adaptées aux réalités nationales. Son intervention a notamment mis l’accent sur la nécessité de concilier conservation environnementale et développement économique.
Au cœur des échanges, Haïti a présenté son projet phare de Paiements pour services écosystémiques (PES), un mécanisme conçu pour mobiliser entre 60 et 120 millions de dollars d’ici 2030. L’objectif est clair : financer la restauration et la protection des écosystèmes fragiles du pays, notamment dans des zones clés comme le massif de la Hotte et le massif de la Selle, ainsi que les zones côtières et les mangroves.
Ce programme ambitionne également de placer 30 000 hectares sous contrat de conservation, tout en impliquant directement 5 000 ménages haïtiens, dont une part significative de femmes cheffes de foyer. En parallèle, des partenariats stratégiques sont renforcés avec des institutions telles que le Fonds pour l’environnement mondial et la Banque mondiale, ainsi qu’avec des fonds locaux comme le FHB et le FREH.
Pour le PNUD, appuyant le ministère de l’Environnement, cette initiative représente bien plus qu’un projet environnemental. Elle constitue un levier de transformation économique et sociale. En offrant des revenus stables aux agriculteurs et aux communautés rurales, les PES participent activement à la lutte contre la déforestation, l’érosion des sols et les effets du changement climatique.
« En Haïti, nous savons que la protection de la biodiversité ne peut pas attendre. Les PES sont un outil puissant pour lier conservation et développement économique, tout en garantissant que les communautés locales, surtout les femmes, en soient les premières bénéficiaires », a souligné le Dr Exantus.
À travers cette participation, Haïti démontre sa volonté de s’inscrire dans une dynamique globale de financement durable de la biodiversité, tout en adaptant les solutions aux réalités locales. Une vision ambitieuse, qui pourrait ouvrir la voie à une gestion plus résiliente et inclusive des ressources naturelles du pays.
Jean Rony Poito PETIT FRÈRE
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