Le parc national Lagon des Huîtres, l’un des espaces naturels les plus importants et stratégiques dans le sud-est du pays pour sa richesse écologique, reste vulnérable en raison d’une gestion inefficace.
Créée en avril 2017 par arrêté présidentiel sous l’administration du président Jovenel Moïse, cette aire marine protégée couvre une superficie de 9 642 hectares et se trouve dans le Massif de la Selle, première réserve de biosphère d’Haïti reconnue par L’UNESCO en 2014. Selon les explications du responsable de l’espace, le parc s’étend sur les communes de Belle-Anse et Grand-Gosier, incluant trois sections communales. Il constitue un refuge exceptionnel pour la biodiversité nationale.
« Le parc abrite environ 60 espèces d’oiseaux, dont certaines menacées comme les colibris ainsi que les flamants roses, espèces emblématiques de la zone. On y retrouve également près de 170 espèces végétales, dont plusieurs en danger, ainsi que quatre variétés de mangroves essentielles à l’équilibre écologique », explique Dérisier Jean-Louis lors d’une interview accordée à Radio Magic9.

L’écosystème comprend plus d’une vingtaine de lagons et une portion du plateau continental atteignant plus de 200 mètres de profondeur. La partie terrestre, quant à elle, compte plus de 90 bornes de délimitation.
Le parc national Lagon des Huîtres joue un rôle majeur dans la conservation des mangroves, la restauration des récifs coralliens et la protection des zones côtières contre l’érosion. Il sert également de zone de préproduction pour plusieurs espèces de poissons et de crustacés, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire des communautés de pêcheurs.
D’après les explications fournies par l’agronome, le site possède aussi un important potentiel écotouristique. Ses paysages naturels, ses grottes comme la grotte Victor, ses forêts denses et ses lagons pourraient attirer des visiteurs et générer des revenus durables pour la population locale.
« Malgré son importance, le parc fait face à de nombreuses menaces liées aux activités humaines non contrôlées : coupe sélective d’arbres, surpêche, fabrication de charbon de bois et occupation non réglementée de certains espaces », poursuit l’ingénieur Derisier Jean-Louis.
La surveillance est assurée par 14 agents de la BSAP, mais selon M. Jean Louis, ces officiers travaillent dans des conditions difficiles, sans prise en charge adéquate de l’État, ce qui affecte leur motivation.
Autre difficulté majeure : la majorité des terrains du parc appartiennent à des propriétaires privés. L’ingénieur Derisier Jean-Louis appelle les autorités à trouver un accord avec les détenteurs de ces terres, affirmant que plusieurs d’entre eux seraient disposés à vendre ces biens à l’État.
Le responsable du parc invite l’État haïtien, notamment à travers l’Agence nationale des aires protégées (ANAP), à renforcer la surveillance, investir dans l’éducation environnementale, impliquer davantage les communautés locales et développer des alternatives économiques durables.
Il rappelle que le parc national Lagon des Huîtres fait partie des 32 aires protégées d’Haïti et mérite une attention particulière afin de préserver ce patrimoine naturel unique pour les générations futures.
Jean Rony Poito PETIT FRÈRE
Laisser un commentaire