À l’approche de la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), prévue du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, Haïti a organisé, du 6 au 8 octobre, un atelier préparatoire visant à définir ses priorités et à harmoniser les positions de sa délégation en vue des négociations.
La rencontre s’est achevée le jeudi 8 octobre à l’hôtel Karibe, à Pétion-Ville, après trois jours de travaux consacrés aux enjeux de la prochaine conférence. Organisé par le ministère de l’Environnement, à travers sa Direction de la biodiversité, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cet atelier a réuni différents acteurs nationaux autour de la préparation de la participation haïtienne.
Les discussions ont notamment porté sur le contexte et l’ordre du jour de la COP17, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal ainsi que les principales questions de négociation intéressant le pays. Des groupes thématiques ont également travaillé à la définition des priorités, des positions et des messages clés d’Haïti. Ces échanges doivent contribuer à la finalisation de la note de positionnement de la délégation haïtienne.
Le financement et la mise en œuvre du cadre mondial au cœur des enjeux
La COP17 marquera une étape importante dans le suivi des engagements internationaux en faveur de la biodiversité. Elle doit notamment permettre de dresser un premier bilan mondial des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté lors de la COP15.
Parmi les principaux dossiers figure le financement de la biodiversité, notamment l’opérationnalisation du Fonds Cali. Le renforcement des capacités, le transfert de connaissances, la restauration des écosystèmes et une meilleure intégration de la biodiversité dans les politiques publiques comptent également parmi les questions soulevées par les responsables lors de la préparation.
Pour Haïti, l’enjeu est de faire valoir ses priorités dans les négociations internationales, tout en défendant les intérêts des pays particulièrement vulnérables aux pressions environnementales. Cette préparation vise ainsi à permettre au pays d’aborder les discussions avec des positions définies et concertées.
Le PNUD Haïti a réaffirmé son engagement à accompagner l’État haïtien dans ce processus, notamment à travers le programme-cadre GEF-8 de soutien à la Stratégie et au Plan d’action nationaux pour la biodiversité (NBSAP) et au 7e Rapport national, ainsi que l’initiative BIOFIN, consacrée au financement de la biodiversité.
Haïti dispose d’une biodiversité importante, mais demeure confronté à des défis majeurs en matière de conservation. Selon le ministère de l’Environnement, le pays fait partie du point chaud de biodiversité des îles de la Caraïbe. Il abrite entre 5 000 et 5 600 espèces de plantes vasculaires, ainsi que plus de 2 000 espèces animales.
Son patrimoine naturel comprend également 31 zones clés pour la biodiversité, dont 14 zones côtières ou marines, et 14 243 hectares de mangroves. Ces ressources représentent un potentiel pour la conservation des espèces, la recherche scientifique et le développement du tourisme de nature.
Dans ce contexte, la participation d’Haïti à la COP17 constitue une occasion de défendre la préservation de ses écosystèmes, de plaider en faveur d’un meilleur accès aux financements internationaux et de renforcer la prise en compte de la biodiversité dans les politiques nationales.
Esther Kimberly BAZILE
Laisser un commentaire