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Haïti estime à plus de 800 millions de dollars les besoins de financement de sa biodiversité

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À la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, tenue du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, Haïti a plaidé pour un meilleur accès aux financements, le renforcement de l’éducation environnementale et une coopération internationale accrue.

Les besoins de financement d’Haïti pour mettre en œuvre sa stratégie nationale en matière de biodiversité dépassent les 800 millions de dollars américains. C’est l’un des principaux constats présentés par Emmanuel Jean-Philippe, directeur général du ministère de l’Environnement et chef de la délégation haïtienne, lors de la 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique. À cette occasion, le pays a appelé à faciliter l’accès aux ressources financières et à renforcer la coopération internationale pour soutenir les efforts de conservation et de restauration des écosystèmes.

Haïti dispose d’une Stratégie et d’un Plan d’action nationaux pour la biodiversité actualisée, comprenant 29 cibles et actions prioritaires. Ces dernières concernent notamment la conservation, la restauration et l’utilisation durable de la biodiversité, ainsi que son intégration dans les politiques publiques et les secteurs de développement.

Le pays s’est également doté d’un Plan de financement de la biodiversité destiné à identifier ses besoins et à orienter les investissements. Toutefois, les ressources actuellement mobilisées restent largement en deçà des montants nécessaires. Pour le gouvernement haïtien, cet écart constitue un obstacle important à la mise en œuvre des engagements nationaux.

« Les mécanismes financiers doivent être conçus de manière à faciliter la mise en œuvre des actions sur le terrain, et non à en entraver la réalisation », a déclaré le représentant, en plaidant notamment pour la simplification des procédures d’accès aux financements, la réduction des délais d’approbation et un accompagnement technique adapté aux capacités des pays bénéficiaires.
L’éducation environnementale parmi les priorités
Au-delà des financements, Haïti a identifié l’éducation environnementale comme un levier essentiel pour freiner la perte de biodiversité. Le représentant haïtien a appelé à investir davantage dans l’éducation, la sensibilisation et la participation citoyenne afin de développer une culture de protection de la nature dès le plus jeune âge. Selon lui, la préservation de la biodiversité ne peut
reposer uniquement sur les politiques gouvernementales et les investissements. Elle nécessite également une mobilisation des jeunes, des communautés, des entreprises et des citoyens. « Sans changement durable des comportements, nos politiques et nos investissements resteront insuffisants », a-t-il souligné.

La coopération scientifique et technique figure également parmi les priorités défendues par le pays. Haïti souhaite notamment renforcer le transfert de technologies, le partage des connaissances et les partenariats régionaux pour consolider ses capacités nationales, restaurer les écosystèmes et préserver son patrimoine biologique.

Haïti entend renforcer son cadre juridique
Dans son allocution, le représentant a par ailleurs fait état de l’intérêt d’Haïti pour l’adhésion au Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques et au Protocole de Nagoya relatif à l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Cette démarche devrait s’accompagner d’un renforcement de la législation nationale en matière environnementale, notamment sur la prévention des risques liés aux organismes vivants modifiés et l’encadrement de l’accès aux ressources génétiques.

Pour le gouvernement haïtien, ces démarches doivent s’inscrire dans une dynamique de solidarité internationale. Le pays estime que ses efforts nationaux ne pourront aboutir sans des ressources financières accessibles et un soutien scientifique et technique adapté. À Erevan, Haïti a ainsi appelé à des compromis entre les parties et à des décisions concrètes pour accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022, dont les objectifs doivent être atteints à l’horizon 2030.

Esther Kimberly BAZILE

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