« Nous travaillons jour et nuit pour maintenir en vigueur les mesures adoptées face aux dangers liés à l’exploitation de sable de carrière dans plusieurs localités de la commune de Pétion-Ville. C’est dans cette optique que cinq personnes ont été interpellées ce jeudi 28 mai 2026 à Boutillier sur ordre d’un juge de paix, sur un site d’exploitation de sables de carrière », déclare Frantz Daniel Pierre, directeur de l’Inspection et de la Surveillance environnementales.
Cette opération, qui a permis l’interpellation de quatre individus, s’est déroulée en collaboration avec le Ministère de l’Environnement (MdE), à travers la Direction départementale de l’Ouest (DDO-MdE), la Direction de l’Inspection et de la Surveillance environnementales (DISE), le Bureau national d’évaluation environnementale (BNEE) et l’Agence nationale des aires protégées (ANAP), ainsi qu’avec le Bureau des Mines et de l’Énergie, les autorités judiciaires et policières et les autorités municipales de Pétion-Ville, notamment le maire Kesner Normil.
« Cette intervention vise, conformément aux objectifs fixés, à protéger l’environnement, à mettre de l’ordre dans l’exploitation des carrières, à réguler le secteur et à faire respecter la réglementation qui définit les procédures à suivre avant toute forme d’exploitation. Malgré la pose de scellés, ceux-ci ont été enlevés par certains individus. Nous restons mobilisés et mettons en place des patrouilles mobiles et fixes en vue de renforcer la surveillance », explique M. Frantz Daniel Pierre lors d’un échange téléphonique avec notre rédaction ce vendredi 29 mai 2026.
« L’exploitation de ces sites représente un danger imminent pour toute la population, notamment en raison des éboulements de grosses pierres et de la déstabilisation du terrain. En ce sens, nous prenons nos responsabilités », martèle le responsable.
« Cette décision fait suite à de nombreuses plaintes reçues de riverains ainsi qu’aux différentes missions d’évaluation et de vérification réalisées au cours des derniers mois par les structures techniques du Ministère. Ces interventions ont permis de documenter une dégradation préoccupante de l’environnement caractérisée notamment par la déstabilisation des versants, l’érosion accélérée des sols, les risques d’éboulements et de glissements de terrain ainsi que les menaces pesant sur les habitations, les infrastructures et la sécurité des populations », indique un communiqué de presse du MdE.
Par ailleurs, le Ministère de l’Environnement rappelle que ces zones font l’objet de mesures restrictives depuis plusieurs années en raison de leur vulnérabilité environnementale et géologique. L’opération réalisée vise également à assurer le respect des dispositions déjà en vigueur et à prévenir toute aggravation des risques à l’approche de la saison des pluies.
Le ministre de l’Environnement, M. Valéry Fils-Aimé, de son côté, réaffirme la volonté du gouvernement d’encadrer, de contrôler et de réguler les activités ayant un impact sur l’environnement, tout en veillant à la protection des vies humaines, des biens et des ressources naturelles.
Le ministère informe également que la prochaine étape consistera à engager des consultations avec les exploitants concernés afin de leur communiquer les nouvelles directives arrêtées par les autorités compétentes dans le cadre du processus de réévaluation des sites et des conditions d’exploitation.
Le MdE renouvelle son engagement à travailler avec l’ensemble des institutions concernées afin de mettre fin aux pratiques contraires aux normes environnementales et de garantir une gestion plus responsable et durable des ressources naturelles du pays.
Pour l’heure, les personnes arrêtées sont sous le contrôle des autorités judiciaires en attendant les suites nécessaires, selon M. Daniel Pierre.
Il est à rappeler que, selon un communiqué publié en date du 27 mai 2026, le Ministère rappelle que ces zones ont déjà fait l’objet de mesures d’interdiction et de restriction d’exploitation, notamment en 2012, 2016, 2021 et 2025, en raison de leur forte vulnérabilité géologique et environnementale. Ces dispositions demeurent pleinement en vigueur et obligatoires.
Il précise également que la Constitution de 1987 amendée, en son article 36.5, établit que les mines et carrières font partie du domaine public de l’État et que le droit de propriété privée ne s’y applique pas.
Par ailleurs, l’exploitation des carrières est soumise aux normes de protection environnementale prévues à l’article 253 de la Constitution ainsi qu’à l’article 64.8 du Décret-cadre de 2006 sur la gestion de l’environnement et la conduite des citoyens.
En conséquence, conformément à sa mission de protection de l’environnement et aux dispositions légales en vigueur, le Ministère de l’Environnement ordonne la suspension immédiate et jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités d’exploitation de carrières de sable à Pèlerin, Laboule et Boutillier.
Jean Rony Poito PETIT FRERE
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