Daril Balthazar, directeur général du SNGRS, depuis sa prise de fonction le vendredi 6 mars 2026, s’est montré engagé à redorer le blason de l’institution et à protéger l’environnement, avec une série de mesures annoncées. Entre des dispositions qui ne relèvent pas vraiment de la mission du Service national de gestion des résidus solides et des annonces aux contours encore flous, le fondement des premières mesures adoptées suscite des interrogations.
D’après la loi du 21 septembre 2017 portant création et fonctionnement du SNGRS, sa mission est d’assurer la gestion durable et sécurisée des déchets, notamment solides, médicaux et dangereux. L’institution doit également fixer les normes nationales de collecte, de transport, de tri, de recyclage et de transformation des déchets solides, médicaux et toxiques. La création du SNGRS visait à moderniser la gestion des ordures, en décentralisant les opérations et en impliquant les collectivités territoriales. Or, récemment, le directeur général de l’institution, Daril Balthazar, a annoncé que l’institution procédera à l’arrestation de toute personne prenant le plaisir de jeter des ordures dans les rues, ce qui ne relève pas de sa mission.
M. Balthazar a également annoncé le lancement prochain de « Allô Salope », une initiative inspirée du programme « Allo La Police » de la PNH, qui vise à permettre aux citoyens de signaler les comportements jugés contraires aux règles de gestion des déchets. À travers ce dispositif, les contrevenants seront dénoncés publiquement afin de renforcer la responsabilisation collective et d’encourager de meilleures pratiques en matière d’assainissement. Cette démarche, présentée comme un outil de participation citoyenne, entend impliquer davantage la population dans la lutte contre l’insalubrité tout en soutenant les actions du SNGRS pour améliorer la gestion des résidus solides.
Parallèlement, dans un communiqué publié, la Direction générale du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) a informé l’ensemble des prestataires privés de collecte de déchets de l’obligation de procéder à leur enregistrement formel auprès de l’institution. À partir du 5 avril 2026, les opérateurs concernés sont invités à se présenter dans les différents points de service, notamment à Petite Place Cazeau, Cap-Haïtien, Hinche et Saint-Marc, afin de s’informer sur les procédures réglementaires encadrant l’exercice de leur activité. Conformément à la loi du 21 septembre 2017 portant création et organisation du SNGRS, tout collecteur privé doit opérer sous la tutelle du Service national, qui définit les protocoles de ramassage, de transport, de tri et de valorisation des déchets.
Enfin, la direction générale du SNGRS rappelle que la coopération de tous les acteurs, publics comme privés, est essentielle pour assurer un environnement sain et sécurisé. Le respect des normes, l’engagement citoyen et la participation active de la population constituent des piliers indispensables à la réussite de la mission de l’institution, visant à transformer durablement la gestion des déchets en Haïti.
Jean Rony Poito Petit Frère
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