Lakou Breda a accueilli, les 28 et 29 août 2026, la Conférence Locale de la Jeunesse sur les Changements Climatiques LCOY Haïti 2026. Deux journées autour de l’économie verte, de la biodiversité, des territoires résilients et de la justice climatique, avec près de 2 000 inscrits pour une conférence organisée sans campagne de communication massive.


Près de 2 000 personnes se sont inscrites, alors même que le comité organisateur n’avait pas mené une campagne de communication massive. Pour Kedassa E. Barthelus, ingénieure agronome, économiste et présidente de Connected World, invitée à l’émission Haïti Climat le 3 septembre 2026, ce seul fait suffit à répondre à ceux qui doutent de l’intérêt des jeunes Haïtiens pour les questions climatiques. « Malgré tous les défis que le pays traverse, il existe un réel intérêt pour la question climatique », estime-t-elle. Panels, ateliers, débats et groupes de réflexion ont permis aux jeunes de dialoguer avec des experts, des institutions et des organisations communautaires et l’enjeu désormais, dit-elle, est de transformer cette mobilisation en actions concrètes et en influence sur les politiques publiques.

L’un des messages centraux de LCOY est un changement de regard. Les jeunes ne doivent pas être perçus uniquement comme des personnes vulnérables aux conséquences du changement climatique, mais comme des citoyens, entrepreneurs, innovateurs et acteurs capables de contribuer aux solutions. « Les jeunes ne sont pas seulement des victimes ou des bénéficiaires des politiques climatiques », affirme Barthelus. LCOY est précisément conçue pour leur donner un espace d’information, de dialogue, de plaidoyer et d’influence. « LCOY est une conférence faite par les jeunes et pour les jeunes », indique-t-elle.
Les discussions ont fait ressortir les préoccupations concrètes de cette génération tels que les inondations, les sécheresses, la dégradation de la biodiversité et l’insécurité alimentaire. Pour un pays qui connaît déjà d’importants défis en matière de production locale et d’accès à la nourriture, le changement climatique aggrave encore la pression sur le système alimentaire. « En Haïti, en 2026, il est particulièrement important de parler d’adaptation et de lui accorder une place prioritaire », estime Barthelus. La transition verte constitue un autre axe central reliée aux questions d’emploi, d’entrepreneuriat et d’innovation. « Lorsqu’on parle de changement climatique, il ne s’agit pas seulement d’environnement. Il faut aussi réfléchir à la manière de connecter l’entrepreneuriat aux objectifs de transition verte », explique la représentante de LCOY.

L’un des principaux résultats attendus de LCOY Haïti 2026 est une déclaration climatique regroupant les recommandations et préoccupations exprimées pendant la conférence. Un comité de rédaction travaille sur ce document avec les participants et les experts ayant contribué aux échanges. Il devrait ensuite être partagé avec les institutions concernées, notamment le ministère de l’Environnement. Les organisateurs souhaitent également permettre aux jeunes n’ayant pas participé à la conférence de contribuer au document. « Nous voulons que le processus soit aussi inclusif que possible et permettre à davantage de communautés de participe », avance-t-elle.

La conférence ne constitue toutefois qu’une étape. « Nous avons besoin d’engagements concrets. Nous avons besoin de jeunes qui apprennent, qui prennent des initiatives, qui peuvent influencer et qui peuvent changer les choses. C’est là que tout le travail doit commencer », conclut Barthelus. Un appel clair et une feuille de route qui reste à écrire.
Esther Kimberly BAZILE
Laisser un commentaire