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Haïti se dote d’une Stratégie nationale de reforestation communautaire

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Le ministère de l’Environnement (MdE) a lancé, officiellement, ce jeudi 17 septembre 2026 à l’hôtel Kinam, à Pétion-Ville, la Stratégie nationale de reforestation communautaire, une initiative qui place les communautés au cœur de la restauration des paysages et des terres dégradées, tout en encourageant l’agroforesterie, le reboisement et la gestion durable des ressources naturelles.

La Stratégie nationale de reforestation communautaire portée par le Ministère de l’Environnement, à travers la Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables, en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), entend restaurer durablement les paysages dégradés d’Haïti tout en améliorant les conditions de vie des communautés rurales. Elle repose sur une gestion participative des ressources naturelles, l’agroforesterie, le développement économique local et le transfert de compétences aux populations. Les communautés seront impliquées dans la planification, la mise en œuvre, le suivi et la protection des espaces restaurés.

La stratégie fixe des objectifs à l’horizon 2031. Elle prévoit la restauration de plus de 50 000 hectares de paysages dégradés, la mise en place ou le renforcement de 100 pépinières communautaires dans les dix départements et la participation directe de plus de 50 000 ménages. Elle ambitionne également de créer ou soutenir au moins 10 000 emplois verts. Toutes les superficies restaurées devront être géoréférencées et suivies à travers un système national de suivi et de mesure, notification et vérification, MRV.

L’approche vise aussi à associer restauration environnementale, production agricole et revenus ruraux. Des systèmes agroforestiers adaptés aux différents territoires seront développés, avec des arbres forestiers et fruitiers, des cultures vivrières et pérennes et, lorsque cela est pertinent, l’élevage. La stratégie prévoit également le développement de pépinières, de filières fruitières et forestières, de coopératives, de l’apiculture et d’activités de transformation. Des solutions énergétiques alternatives, notamment les foyers améliorés et certaines énergies renouvelables, doivent contribuer à réduire la pression exercée sur les ressources ligneuses.

Le ministère de l’Environnement entend faire de la restauration des écosystèmes et du couvert végétal une priorité nationale. Dans son intervention, le ministre Valéry Fils-Aimé souligne les liens entre la restauration des paysages, l’accès à l’eau, la fertilité des sols, la production agricole, la biodiversité et la résilience des territoires. Il rappelle également les efforts engagés depuis quinze ans par l’État, les communautés, la société civile et les partenaires pour renforcer les capacités techniques, développer les pépinières et améliorer la gestion des bassins versants et l’agroforesterie.

Le ministre estime que les données scientifiques récentes permettent de revoir l’ancienne estimation d’une couverture forestière limitée à 2 % du territoire national. Selon les données communiquées dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales de la FAO, les forêts naturelles représenteraient environ 12 à 13 % du territoire, selon les années et les définitions retenues. Il précise toutefois que cette réévaluation ne doit pas réduire l’urgence environnementale, alors que les écosystèmes restent dégradés et fragmentés et que les bassins versants demeurent vulnérables. La Stratégie nationale de reforestation, élaborée par le ministère à travers la Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables, avec le MARNDR et l’appui de la FAO et du PNUD, vise ainsi à mieux structurer les interventions et à renforcer la participation économique des communautés.

« Notre ambition est claire : passer de la dépense environnementale à l’investissement productif », affirme Valéry Fils-Aimé. Le ministre défend une véritable économie de la restauration, capable de créer des emplois verts, de soutenir les producteurs et de développer les chaînes de valeur locales, notamment au profit des jeunes et des femmes. Il plaide également pour une utilisation accrue de la télédétection, des systèmes d’information géographique, de l’imagerie satellitaire, des drones et des outils numériques afin d’améliorer la planification, le suivi et l’efficacité des actions de restauration.

Cette stratégie intervient dans un contexte marqué par une forte dégradation environnementale et une crise économique et sociale. Plus de 700 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, tandis que le PIB réel s’est contracté de plus de 10 % depuis 2019. Les données citées dans le document estiment le couvert arboré à 21,6 % du territoire, soit environ 581 438 hectares, mais soulignent qu’il s’agit principalement d’arbres dispersés, de taillis et de systèmes agroforestiers. La stratégie veut ainsi contribuer à restaurer les sols, protéger les bassins versants, préserver la biodiversité, améliorer le cycle de l’eau, séquestrer du carbone et renforcer les moyens de subsistance, tout en servant d’instrument de mise en œuvre de la CDN, du Plan national d’adaptation et des engagements d’Haïti en matière de biodiversité.

Le lancement de la Stratégie nationale de reforestation communautaire s’est déroulé en présence du ministre de l’Environnement, Valery Fils-Aimé, du ministre des Travaux publics, Almathe Pierre-Louis, du ministre de la Santé publique et de la Population, Sinal Bertrand, de la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pedrica St-Jean, du directeur général du SNGRS, Daryl Balthazar, ainsi que des cadres, partenaires techniques et financiers du ministère de l’Environnement, entre autres.

Jean Rony Poito PETIT FRERE

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