« Entre 8 et 14 tempêtes nommées pourraient se former au cours de la saison cyclonique, dont 1 à 3 ouragans majeurs. Ces prévisions sont relativement modérées et se situent presque en dessous de la normale. Toutefois, cela ne signifie pas qu’Haïti est à l’abri. Un seul phénomène peut tout changer en une semaine, comme ce fut le cas avec l’ouragan Melissa l’année dernière », s’inquiète le directeur général de la Protection civile.
Lors d’un entretien accordé à Magik 9 sur la saison cyclonique de 2026, Emmanuel Pierre, directeur général de la Protection civile, a attiré l’attention sur les importantes vulnérabilités du pays en pleine saison cyclonique, alors que les risques demeurent très élevés.
« Quelques millimètres de pluie suffisent parfois pour détériorer la situation dans plusieurs régions du pays, notamment dans les villes du Cap-Haïtien, des Cayes et de Port-de-Paix, entre autres. Il est donc important de redoubler de vigilance face à notre niveau élevé de vulnérabilité », affirme M. Pierre.
« Dans la cartographie des risques en Haïti, nous avons renforcé les préparatifs dans la région du Grand Sud, notamment en ce qui concerne les ressources disponibles. Dans plusieurs zones, nous avons accentué les travaux, notamment au Cap-Haïtien à travers le Projet de gestion des risques et de résilience aux aléas climatiques. Ces interventions ont été réalisées en synergie avec le MTPTC, le ministère de l’Environnement (MdE) et le ministère de l’Agriculture. Les zones prioritaires sont définies en fonction de leur degré de vulnérabilité, notamment la région du Nord-Ouest et la ville de Port-de-Paix », explique le numéro un de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), soulignant que l’environnement de ces zones mérite une attention particulière dans ce contexte.
M. Emmanuel Pierre a également fait savoir que, dans le cadre du programme SOFT, ses équipes ont renforcé les activités de planification et de communication, organisé des formations et procédé à la remise de matériels adaptés.
Cependant, les interventions sur les espaces physiques visant à prévenir les inondations relèvent directement du MTPTC, du ministère de l’Environnement, du ministère de l’Agriculture et d’autres institutions concernées afin d’éviter des inondations majeures.
« Nos moyens demeurent limités. Nous proposons que des décisions soient prises afin de mettre davantage de fonds à la disposition de la Protection civile. Nous recommandons notamment l’utilisation de 50 % du fonds d’urgence prépositionné au ministère de l’Économie et des Finances depuis 1966. Nous lançons un appel afin que ces ressources soient rendues disponibles pour prévenir les dégâts avant même l’arrivée des catastrophes naturelles », plaide le directeur général.
Jean Rony Poito PETIT FRERE
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