Climat

Climate Week NYC 2026 : Haïti réclame une réponse internationale à la hauteur des pertes et préjudices climatiques

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Le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a pris part, ce jeudi 24 septembre à New York, au panel international « Driving inclusive action for climate-induced loss and damage », organisé dans le cadre de la Climate Week NYC 2026. Cette activité s’est tenue en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, aux travaux de laquelle le ministre participe depuis le début de la semaine.

Modérée par Emilie Potvin, directrice mondiale de portefeuille à l’UNOPS, la rencontre était structurée autour de deux panels consacrés, d’une part, aux expériences nationales et aux enseignements émergents et, d’autre part, au renforcement collectif de l’action et du soutien en matière de pertes et préjudices climatiques.

Le ministre Valéry Fils-Aimé est intervenu au premier panel aux côtés de Soenke Kreft, chef adjoint du Département des risques et de l’adaptation à l’Université des Nations Unies – Institut pour l’environnement et la sécurité humaine (UNU-EHS), ainsi que d’un haut représentant du gouvernement du Kenya.

Le second panel réunissait Carolina Fuentes Castellanos, directrice du Secrétariat du Réseau de Santiago ; Mathilde Laurans, directrice exécutive adjointe du Fonds de réponse aux pertes et préjudices ; Adrian Martinez Blanco, directeur et fondateur de La Ruta del Clima ; et le Dr Joshua L. DeVincenzo, directeur adjoint du National Center for Disaster Preparedness de l’Université Columbia.

Aux côtés de ces représentants gouvernementaux et experts internationaux, le titulaire du ministère de l’Environnement a partagé les enseignements tirés de l’expérience d’Haïti en matière de préparation et de réponse aux pertes et préjudices causés par les changements climatiques.

« L’expérience d’Haïti nous a appris que la réponse aux pertes et préjudices ne peut pas commencer uniquement après la survenue d’une catastrophe. Nous devons construire les capacités nationales, les institutions, les systèmes de connaissance et une culture de préparation avant que le choc ne survienne », a-t-il déclaré.

Le ministre a ainsi mis en avant cinq priorités : renforcer les capacités nationales, investir dans la science et les données, préparer les projets avant même que les financements ne deviennent disponibles, approfondir la coopération régionale et associer les citoyens à travers l’éducation relative à l’environnement.

Il a également présenté la démarche entreprise par Haïti auprès du Réseau de Santiago afin d’obtenir une assistance technique pour établir les fondements du Système national d’évaluation et de suivi des pertes et préjudices climatiques (SYNEPP).

Ce dispositif doit permettre au pays de mieux documenter et évaluer les dommages climatiques, de définir ses priorités et de disposer de données fiables pour orienter les décisions publiques, préparer des projets structurants et mobiliser plus efficacement l’assistance technique et les financements nécessaires.

Pour Valéry Fils-Aimé, l’enjeu consiste à « passer des données à la connaissance, de la connaissance à la décision, et de la décision à l’investissement, tout en mutualisant la science, les technologies et l’expertise à l’échelle caribéenne et en construisant une culture partagée de responsabilité environnementale ».

La participation du ministre à ce panel a ainsi permis de défendre les priorités d’Haïti dans les discussions internationales et de rappeler la vulnérabilité particulière du pays face à une crise climatique dont les conséquences humaines, économiques et environnementales exigent des réponses rapides, coordonnées et adaptées aux réalités nationales.

Cette intervention s’inscrit dans la continuité de la démarche engagée la veille par Valéry Fils-Aimé. Lors d’une rencontre caribéenne de haut niveau tenue le mercredi 23 septembre à New York, il avait plaidé pour un accès plus rapide et mieux coordonné aux financements climatiques. D’un espace à l’autre, le message d’Haïti demeure cohérent : transformer les stratégies climatiques en investissements, puis les investissements en résultats concrets au bénéfice des populations les plus vulnérables.

Patrick Saint-Pré

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