Biodiversité

Biodiversité : Haïti avance vers la validation de son plan de financement et de son 7ᵉ rapport national

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Le Ministère de l’Environnement (MdE) a réunit, du 6 au 8 octobre 2026, des représentants d’institutions publiques, des partenaires, des experts et d’autres acteurs concernés autour de la biodiversité. Organisés à l’hôtel Karibe, ces travaux portent sur la validation du Plan de financement de la biodiversité et du septième Rapport national d’Haïti sur la biodiversité.

Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et un financement du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), cette initiative vise à mieux évaluer les progrès réalisés par le pays en matière de conservation et à identifier les ressources nécessaires pour renforcer les actions dans ce domaine. Elle doit également contribuer à préparer la participation d’Haïti à la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), prévue en Arménie.

À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a défendu une approche qui place la biodiversité au cœur des politiques de développement. Selon lui, les ressources naturelles du pays peuvent contribuer à la création d’emplois, à l’investissement et au développement d’activités économiques durables.

« La biodiversité doit être considérée non seulement comme un patrimoine à protéger, mais aussi comme un véritable levier de développement pour Haïti », a déclaré le ministre.

La première journée de l’atelier a été consacrée à l’examen et à la validation du Plan de financement élaboré dans le cadre de l’Initiative pour le financement de la biodiversité (BIOFIN). Ce document identifie les besoins financiers du secteur ainsi que les moyens susceptibles de permettre leur mobilisation.

L’enjeu dépasse toutefois la seule question du financement. En Haïti, les forêts, les mangroves et les récifs jouent un rôle direct dans la vie des populations. Ils contribuent notamment à la protection des ressources en eau, au maintien des activités de pêche, aux revenus de nombreuses familles et à la réduction de certains risques liés aux catastrophes naturelles.

D’après les données présentées par le ministère, Haïti appartient au point chaud de biodiversité des îles de la Caraïbe. Le pays abrite entre 5 000 et 5 600 espèces de plantes vasculaires et plus de 2 000 espèces animales. Il compte également 31 zones clés pour la biodiversité, dont 14 situées dans des espaces côtiers ou marins, ainsi que 14 243 hectares de mangroves.

Pour Valéry Fils-Aimé, la protection de ce patrimoine doit être associée aux besoins économiques et sociaux du pays. « Protéger la biodiversité d’Haïti, c’est investir dans notre capacité à produire, à vivre en sécurité et à transmettre aux générations futures les moyens de leur développement », a-t-il souligné.

Le Représentant résident du PNUD en Haïti, Xavier Michon, a pour sa part insisté sur le lien entre conservation de la nature et protection des populations. « Protéger la biodiversité, ici, ce n’est pas protéger la nature contre les gens. C’est protéger les gens, en protégeant la nature dont ils dépendent », a-t-il déclaré.

Le PNUD affirme accompagner le ministère dans la préparation du Plan de financement, du septième Rapport national et de la participation d’Haïti à la COP17. Xavier Michon a également indiqué qu’Haïti figure parmi les 91 pays accompagnés dans le cadre de cette démarche et qu’il a été le premier pays à présenter son plan et le deuxième à parvenir à l’étape de validation.

Les travaux des 7 et 8 octobre sont consacrés à la validation du septième Rapport national. Celui-ci doit présenter l’état de la biodiversité en Haïti, les progrès enregistrés dans sa conservation, les difficultés rencontrées et les principales pressions qui continuent d’affecter les espèces et les écosystèmes.

La déforestation, la dégradation des terres, les changements climatiques et les pressions exercées sur les aires protégées figurent parmi les principaux défis examinés durant les échanges.

Le Directeur de la Biodiversité du ministère de l’Environnement, Michelet Louis, a également présenté les actions engagées dans le pays, notamment la restauration des écosystèmes dégradés, la protection des espèces, le développement de l’agroforesterie et la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles.

À travers ces trois journées de travail, les autorités souhaitent réunir les données et les contributions des différents acteurs afin de disposer d’un rapport national qui reflète à la fois les avancées réalisées, les difficultés persistantes et les priorités d’Haïti en matière de biodiversité.

La démarche doit également permettre de renforcer la mobilisation des ressources et de mieux orienter les interventions futures. Pour le MdE et le PNUD, la conservation de la biodiversité constitue ainsi un enjeu environnemental, économique et social qui concerne directement les conditions de vie des populations.

Jean Rony Poito PETIT FRERE

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