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Agroécologie : une réponse verte à la crise agricole haïtienne

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Alors que le béton gagne du terrain sur les cultures, l’agroécologie s’impose comme une alternative durable. Lors de l’émission Haïti Climat tenue le 10 juillet 2025, le consultant Jean Rusnel Étienne a exposé les bienfaits de cette approche pour une agriculture résiliente en Haïti.

À l’heure où les constructions envahissent les terres agricoles, le mot « agroécologie » revient de plus en plus dans les débats. Pour mieux comprendre ce concept et son importance dans le contexte haïtien, Jean Rusnel Étienne, consultant en agroécologie et changement climatique, a pris la parole le 10 juillet 2025 autour du thème : « L’agroécologie : une voie durable pour l’agriculture haïtienne ».

D’emblée, l’agronome a retracé les grandes lignes de l’histoire agricole du pays. Après l’application des programmes d’ajustement structurel, Haïti a vu ses performances agricoles s’effondrer, au profit d’une dépendance accrue aux importations, notamment de riz et de céréales que les producteurs locaux cultivaient autrefois. À cette perte de souveraineté alimentaire se sont ajoutés les effets du changement climatique, qui fragilisent davantage les terres et leurs rendements.

Face à ce double choc économique et écologique, de nombreux paysans quittent les campagnes pour grossir les rangs de la capitale, en quête d’un revenu de survie. Selon Étienne, l’agroécologie est en même temps une science, un ensemble de pratiques agricoles et un mouvement social. Elle vise à rendre l’agriculture plus durable sur les plans écologique, économique et social. C’est une alternative à l’agriculture industrielle, établie sur l’usage massif d’engrais chimiques et de pesticides, dont les effets néfastes sur l’environnement et la santé humaine sont bien documentés.

Mais, cette approche n’est pas nouvelle en Haïti. « Nos paysans, dans certains départements, la pratiquaient déjà », explique l’agronome. Dans ces départements, par exemple, des producteurs associent cultures vivrières et légumineuses pour améliorer la fertilité des sols naturellement, sans produits chimiques. Ces savoirs ancestraux méritent aujourd’hui d’être valorisés. Contrairement à l’agriculture chimique où les rendements augmentent au début pour ensuite stagner puis chuter, l’agroécologie favorise une croissance durable et plus équilibrée des productions.

À la question de savoir si Haïti peut adopter cette voie, le consultant répond sans hésiter : oui. « À long terme, nous pouvons à la fois nourrir la population, et devenir compétitifs, exporter nos produits et répondre à des demandes à l’échelle internationale », affirme-t-il.

Esther Kimberly BAZILE

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