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Aux Cayes, agroécologie et coopératives tracent les contours d’un développement durable porté par les acteurs locaux

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Quelques jours après la tenue de la première édition du Forum régional sur l’agroécologie et du 2e Salon national itinérant des coopératives économiques et financières, les organisations regroupées au sein du Groupe d’Initiative ont dressé un bilan positif de cette importante rencontre qui a réuni, du 5 au 7 juin 2026 aux Cayes, des représentants du monde agricole, coopératif, universitaire, institutionnel et communautaire autour des enjeux de l’agroécologie, de la souveraineté alimentaire, du financement rural et du développement territorial durable.

Le Groupe d’Initiative, composé du Centre Haïtien pour la Promotion de l’Agriculture et la Protection de l’Environnement (CEHPAPE), de la Plateforme Agroécologique et de Développement Durable (PADED), du Konseil Nasyonal Finansman Popilè (KNFP), de l’Association des Cadres pour la Protection de l’Environnement (ACAPE) et du Groupe d’Action pour le Développement Durable et Intégré d’Haïti (GADDIH), a exprimé sa gratitude envers les nombreux participants, partenaires et institutions qui ont contribué au succès de l’événement.

Trois jours de réflexion, d’apprentissage et de concertation

Organisé en partenariat avec le Ministère de l’Environnement (MDE), le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le Groupe de Travail National sur l’Agroécologie (GTNA) et la Plateforme pour l’Environnement et la Société Civile d’Haïti (PLESCH), l’événement s’est déroulé sur le campus de l’UPSAC aux Cayes autour d’un programme riche mêlant conférences, panels, témoignages d’exposants, visites de terrain, manifestations culturelles et ateliers de planification stratégique.

La première journée a été consacrée aux acteurs de l’économie sociale et solidaire en Haïti et ailleurs. Les participants ont notamment échangé sur la mise en place d’un mécanisme de coordination multipartite pour la restauration des écosystèmes et la neutralité de la dégradation des terres dans le cadre du projet GEF-8, tout en découvrant les expériences d’organisations coopératives et communautaires haïtiennes et latino-américaines.

La deuxième journée a permis d’approfondir les liens entre agroécologie, changements climatiques, souveraineté alimentaire et financement. Les discussions ont porté sur les principes de l’agroécologie, les défis économiques du secteur agricole, le financement des coopératives, le rôle des institutions financières ainsi que les opportunités offertes par la Circulaire 113 de la Banque de la République d’Haïti. Des visites de terrain ont également permis aux participants de découvrir des réalisations concrètes de familles agroécologiques dans la région des Cayes.

La troisième journée a été consacrée aux stratégies de relance économique du Grand Sud, à la valorisation des filières agricoles, à la transformation des produits locaux et à l’élaboration d’un plan d’action collectif ayant débouché sur une déclaration finale et une série d’engagements des acteurs présents.

Une reconnaissance du travail des organisations haïtiennes

Dans un message adressé aux partenaires de l’événement, le Groupe d’Initiative affirme avoir accueilli « avec beaucoup d’humilité et de satisfaction » les appréciations formulées à l’égard de l’organisation et des résultats du Forum et du Salon.

Les organisateurs soulignent que cette réussite démontre la capacité des organisations haïtiennes à concevoir, coordonner et mettre en œuvre des événements de grande envergure malgré un contexte national particulièrement difficile. Ils mettent également en avant les valeurs qui ont guidé leur action : rigueur, respect des engagements, professionnalisme et recherche de résultats concrets au bénéfice des communautés.

Le Groupe d’Initiative a par ailleurs adressé ses remerciements au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et au Projet GEF-8 Haïti Restauration, saluant leur accompagnement dans la promotion de la transition agroécologique, de la restauration des paysages et du renforcement des organisations communautaires.

Vers une coordination nationale renforcée

Parmi les résultats majeurs de la rencontre figure la volonté de mettre en place un mécanisme de coordination multipartite destiné à renforcer la cohérence des interventions dans les domaines de l’agroécologie, de la résilience climatique et du développement économique local.

Le Groupe d’Initiative s’est déclaré favorable à cette démarche, estimant qu’elle permettra de favoriser la mutualisation des ressources, le partage des connaissances et la construction d’alliances stratégiques entre organisations communautaires, institutions publiques, partenaires techniques et financiers.

Les responsables de l’initiative souhaitent également que cette expérience soit davantage valorisée auprès des agences du système des Nations Unies, des institutions de coopération internationale et des bailleurs de fonds afin de démontrer le potentiel des acteurs haïtiens dans la conduite de programmes de développement durable.

Cap sur Limonade en décembre 2026

Fort du succès de cette deuxième édition, le Groupe d’Initiative a déjà annoncé l’organisation du 3e Salon national itinérant des coopératives économiques et financières, prévu du 18 au 20 décembre 2026 sur le campus de l’Université de Limonade, dans le département du Nord.

Placée sous le thème « Agwoekoloji ak Koperativ : Motè Devlopman Ekonomik », cette nouvelle édition ambitionne de réunir coopératives, organisations paysannes, universités, institutions publiques, investisseurs, partenaires techniques et financiers ainsi que les agences internationales autour des opportunités de création d’emplois, d’inclusion financière, de transformation agroalimentaire et de restauration environnementale.

Pour les organisateurs, l’agroécologie et le mouvement coopératif représentent aujourd’hui des leviers essentiels pour renforcer la résilience des territoires haïtiens face aux crises climatiques, économiques et sociales. La dynamique enclenchée aux Cayes marque ainsi une étape importante dans la construction d’une vision commune du développement durable fondée sur les savoirs locaux, l’innovation sociale et la mobilisation collective.

Patrick Saint-Pré

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