La problématique de l’environnement est un sujet à mettre au cœur de nos priorités. La question du changement climatique requiert des financements qu’il faut au plus vite mobiliser en vue de stopper la dégradation du climat, ont recommandé Raoul Vital et Dr Kénel Délusca, respectivement directeur de l’ONQEV (Observatoire national de la qualité de l’environnement et de la vulnérabilité en Haïti) et membre du Panel technique et consultatif indépendant auprès du Fonds vert pour le climat, à l’occasion du 13e Sommet international de la Finance qui s’est déroulé du 17 au 19 avril 2023 à Port-au-Prince.
La situation écologique du pays est en tout point alarmante. Entre le problème de couverture végétale, la coupe des arbres pour produire des charbons, la perte d’espaces verts à cause des feux de forêts, les constructions en zones côtières et surtout à flanc de montagne, il en résulte un ensemble de conséquences qui sont on ne peut plus menaçantes pour l’environnement.
« L’état de l’environnement est vraiment alarmant, c’est pour cela qu’il faut une réflexion sérieuse, une prise en compte rapide de ce problème en vue de stopper la dégradation de l’environnement », ont avancé Raoul Vital et Dr Kénel Délusca au Sommet international de la finance.
En effet, l’érosion, les inondations, la réduction des espaces agricoles alors que la population ne cesse d’augmenter, sans oublier les conséquences sociales en termes de maladie causée par une contamination de l’eau, sont les résultats d’un mauvais rapport à l’environnement que « nous devons nous presser de corriger», selon le Dr Kénel Délusca. « Nous ne pouvons pas continuer à traiter l’environnement comme tel, car il en va de même des conditions économiques du pays», a prévenu le spécialiste.
De son côté, Raoul Vital, qui propose une réflexion à tous les niveaux de la société, « ce tableau assez sombre de l’environnement devrait interpeller tout le monde». « Cette réflexion doit impliquer les différents acteurs au niveau du gouvernement mais aussi de la société civile, estime-t-il. Tout citoyen a la responsabilité de protéger l’environnement. Les habitants ont le devoir d’attirer l’attention de l’État afin de mettre en place une politique publique qui prendrait en charge la question de l’environnement.»
Dr Kénel Délusca est du même avis. « La problématique de l’environnement n’est pas uniquement l’affaire du ministère de l’Environnement. Il faut que chacun joue sa partition et que les compétences soient bien définies pour un meilleur résultat. Il s’agit d’un problème sociétal que tout programme de développement devrait prendre en compte», a-t-il dit.
Se penchant sur la question du financement de l’écologie, les deux experts en environnement proposent de mobiliser des financements afin de faire de la question du changement climatique une priorité. « Il faut mettre des fonds disponibles pour répondre au problème, mobiliser des financements endogènes, c’est-à-dire chercher du financement à l’intérieur du pays», appellent-ils.
Il existe des fonds multilatéraux, tels que le Fonds vert pour le climat dédié principalement à la question du changement climatique, le Fonds d’adaptation, le Fonds pour l’environnement mondial. « Nous devons renforcer nos capacités pour avoir accès à ces fonds, conseillent les experts. Nous devons également établir des partenariats avec d’autres pays en vue de mobiliser d’autres financements externes. »
Francesca Mintor