Le 1er juin en cours marque le début de la saison cyclonique 2021. Haïti, l’un des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles au monde, ne peut ne pas porter attention à cette période qui prendra fin en novembre. Et déjà, les prévisionnistes annoncent une saison cyclonique mouvementée. Une mauvaise nouvelle pour notre pays qui, ces dernières années, paie un lourd tribut aux catastrophes naturelles.
Les habitants du grand Sud ont encore en mémoire le cyclone Matthew qui avait ravagé la région en octobre 2016. Le pays n’oublie toujours pas les cyclones successifs de 2008 – Fay, Guastav, Hanna et Ike. Il prendra du temps pour oublier les dégâts matériels et le lot de morts et de disparus que ces catastrophes avaient provoqués. Peut-être qu’on n’oubliera jamais. Ne pas oublier, c’est très important, mais c’est surtout important d’apprendre de ces drames. Difficile de dire aujourd’hui si le pays, si nos autorités, si la population en ont tiré des leçons.
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Les leçons tirées des catastrophes passées devraient nous permettre de construire un pays plus résilient. Cela sous-entend des citoyens mieux formés sur les risques auxquels ils sont exposés, des constructions – maisons, infrastructures routières et agricoles par exemple – les prenant en compte. Ces leçons devraient aussi pousser les pouvoirs publics à mettre en place une politique d’aménagement du territoire. Dommage qu’ici, à chaque catastrophe, nous sommes comme à la case de départ. C’est comme si tout était à construire.
Il est important que nous changions la donne. Il s’agit d’un travail collectif qui doit impliquer les pouvoirs publics, la société civile et chaque citoyen. Il est rapporté que chaque dollar investi dans la prévention aux catastrophes naturelles nous permet d’économiser plus de 10$. Nous avons dans ce cas intérêt à investir dans la formation et la sensibilisation des gens, dans le renforcement des institutions chargées de la gestion des risques et la construction d’infrastructures adaptées à notre situation.
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Malheureusement, nos luttes intestines, nos crises permanentes et l’instabilité politique chronique nous laissent peu de temps pour planifier l’avenir. Si une catastrophe, sans le souhaiter, nous surprend aujourd’hui, nous serons comme hier dans l’improvisation. Ce n’est pas parce que rien n’a été fait, mais parce que nous ne faisons pas assez. Il est temps d’en prendre conscience. Il est temps que nous nous entendons sur la gouvernance politique du pays afin que nous nous donnions le temps de penser l’avenir.
Voilà le message de la plateforme multimédia Haïti Climat dans ce débat de la saison cyclonique. Nous appelons de toute notre force, les acteurs et les protagonistes de la crise à penser un pays où la gestion des risques est une priorité. Cela nous évitera d’importantes pertes matérielles et en vies humaines au passage de chaque catastrophe naturelle.
A travers notre émission Haïti Climat diffusée tous les jeudis de 9h à 10 heures am sur les ondes de la radio Magik 9 (100.9), nous cherchons à poser de telles problématiques. Dans notre émission du 27 mai dernier nous avons reçu Fania Joseph, directrice exécutive de l’AGERCA, qui a appelé la population à la prudence et au respect des consignes en ce début officiel de la saison cyclonique 2021.
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