Le ministère de l’Environnement, via la Direction des changements climatiques et le projet CBIT-Haïti, a réalisé, le 17 novembre 2023, à l’hôtel Ritz Kinam, à Pétion-Ville, un atelier d’échanges par rapport au carence des données sur les gaz à effet de serre pour sensibiliser les acteurs publics et privés à leur rôle au regard du Cadre de transparence renforcé.
Cette journée de travail s’est déroulée en présence du directeur général du ministère de l’Environnement, Astrel Joseph, des acteurs du secteur de l’inventaire des gaz à effet de serre ainsi que d’autres cadres de la société civile et du ministère qui sont intéressés au domaine des changements climatiques. Les discussions ont porté autour de la thématique « Les obligations de l’État haïtien comme partie de l’Accord de Paris et le rôle des parties prenantes au regard du Cadre de transparence renforcé». Selon une note du bureau de communication dudit ministère, cette activité visait à sensibiliser les acteurs publics et privés à leur rôle au regard du Cadre de transparence renforcé face à la carence de données sur les gaz à effet de serre.
Le DG du ministère de l’Environnement a attiré l’attention des participants sur l’importance de rendre accessibles à tout le monde les données disponibles sur les émissions de gaz à effet de serre. Selon Astrel Joseph, les données sont importantes pour planifier les actions, calculer les tendances futures ou de suivre le progrès des actions déjà entreprises. Il en a profité pour inviter les parties prenantes détentrices des données à collaborer avec le ministère en partageant les données disponibles. « En ce qui concerne le réchauffement climatique, les secteurs de production de chaleur et d’électricité sont représentés à 25%, les secteurs agricoles à 24%, les industries à 21%, le transport à 14%, tous les secteurs intervenant en énergie à 10 % et la construction à 6%. Les températures élevées augmentent la concentration d’ozone qui peut endommager le tissu pulmonaire et causer des complications chez les asthmatiques et les personnes souffrant de maladies respiratoires », a indiqué M. Joseph.
De son côté, le coordonnateur du projet CBIT Haïti, Jean Idonal Caze, a fait un survol sur la situation critique de carence de données sur les Gaz à Effet de Serre (GES) dans le pays. Alors que ces informations, a-t-il dit, sont cruciales dans la lutte contre les changements climatiques, mais leur non-disponibilité ne permet pas à l’État haïtien de répondre à ses obligations dans le cadre des accords et conventions signés sur les changements climatiques. Selon M. Caze, dans le cadre du projet CBIT-Haïti, il est nécessaire de sensibiliser les parties prenantes sur la nécessité de partager les données disponibles sur les GES.
« L’humanité tout entière fait face aux conséquences des changements climatiques, a soutenu Jean Idonal Caze. Tous les pays du monde en souffrent. Un ensemble d’exigences sont faites à l’État haïtien dans les conventions qu’il a signées, notamment la mise en œuvre d’un cadre de transparence renforcé. Actuellement, nous faisons face à un problème de collecte de données sur les gaz à effet de serre. Nous constatons une réticence de certains secteurs pour communiquer les données sur les gaz à effet de serre aux différents ministères concernés. Donc, nous voulons sensibiliser les acteurs aux défis auxquels l’État haïtien est confronté pour rédiger les rapports et les soumettre à la Convention-cadre des Nations unies. Il faut qu’on ait accès à ces données pour que les rapports soient rédigés dans le délai convenu. L’inventaire des gaz à effet de serre est bloqué à cause de l’indisponibilité de ces données », a ajouté M. Caze
Le ministère de l’Environnement invite tous les secteurs, particulièrement ceux évoluant dans l’inventaire des GES, à travailler en synergie pour identifier les mesures adéquates afin de surmonter ces obstacles et développer un cadre institutionnel national solide et durable pouvant aider Haïti de répondre à ces exigences.
Jean Rony Poito PETIT FRERE