Développment Durable

Normalisation et santé publique : les coulisses du contrôle de l’eau potable en Haïti

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S’il y a une institution incontournable dans le contrôle de la qualité en Haïti, impossible de ne pas mentionner le Bureau haïtien de normalisation (BHN), qui joue un rôle central dans l’élaboration, l’adaptation et la mise en œuvre des normes nationales. Au cœur des débats sur la qualité de l’eau potable, cette institution technique, placée sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie, s’impose comme un acteur clé dans la protection de la santé publique.

Invité de l’émission Haiti Climat le 12 février 2026, son directeur, Monorde Civil, a levé le voile sur les mécanismes souvent méconnus qui structurent ce que l’on appelle « l’infrastructure qualité ». « La qualité ne s’improvise pas. Elle repose sur des normes, des mesures fiables et des systèmes d’évaluation de la conformitéa-t-il expliqué d’emblée.

Le système haïtien de qualité s’articule autour de trois composantes essentielles : la normalisation, la métrologie, qui garantit l’exactitude des mesures, , l’évaluation de la conformité, à travers inspections et certifications. Le BHN coordonne huit comités techniques nationaux, dont un spécifiquement dédié à l’eau potable. Leur mission : adapter les normes internationales aux réalités haïtiennes.

« Nous ne faisons pas que copier des standards internationaux. Nous les analysons et nous les contextualisons afin qu’ils correspondent aux besoins et aux capacités du pays, précisé Monorde Civil. Pour ce travail, le BHN s’appuie notamment sur les référentiels du Codex Alimentarius, programme conjoint de la FAO et de l’OMS, ainsi que sur les standards de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), dont il est membre. Les directives de l’OMS en matière de qualité de l’eau servent également de base scientifique à l’élaboration des normes nationales.

L’un des chantiers majeurs évoqués lors de l’émission concerne le programme de certification volontaire de l’eau embouteillée, mis en place à la suite de la loi du 29 juin 2022. Depuis son adoption, les entreprises produisant de l’eau traitée et conditionnée peuvent s’engager dans un processus visant à attester la conformité de leurs produits aux normes établies.

« La certification n’est pas obligatoire, mais elle permet aux entreprises de démontrer leur engagement envers la qualité et la sécurité. C’est un signal fort envoyé aux consommateurs, a uligné le directdirecteurN. Dans un marché où la confiance est souvent fragilisée par l’absence de contrôles visibles, ce mécanisme constitue un outil stratégique, y compris pour les entreprises désireuses d’exporter.

Au-delà de l’eau embouteillée, l’institution travaille également sur des normes relatives à la gestion des eaux usées, à l’assainissement, à la gestion des déchets plastiques et à l’adaptation au changement climatique. Autant de domaines étroitement liés à la qualité de l’eau et à la résilience environnementale du pays.

Mais les défis restent importants. Créé en 2000 avec le soutien de l’Union européenne, le BHN fait face à des contraintes en matière de ressources humaines et financières. « L’infrastructure qualité nécessite des investissements constants et des compétences spécialisées. « Nous« Nousons intégrer de nouveaux cadres formés et continuer à moderniser nos outils », a reconnu Monorde Civil.

Pour le responsable, l’enjeu dépasse largement le cadre technique. « Une infrastructure qualité solide protège la santé publique, renforce la confiance des consommateurs et soutient le développement durable », a-t-il insisté. Dans un pays particulièrement exposé aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique, la mise en place de normes robustes constitue un levier essentiel de résilience.

Esther Kimberly BAZILE

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