Face à l’urgence climatique et aux nombreux défis environnementaux auxquels Haïti est confronté, Haïti Climat veut miser sur la formation d’une nouvelle génération d’acteurs capables de comprendre les enjeux, de proposer des solutions et d’agir dans leurs communautés. L’émission a reçu le 6 aout 2026 les organisateurs et formateurs de cette première édition d’Université d’été.
C’est dans cette perspective que la plateforme multimédia a organisé, du 27 juillet au 1er août, la première édition de l’Université d’été Haïti Climat. Pendant cinq jours, des cinquantaines de participants élèves, étudiants, jeunes professionnels et membres de la société civile ont participé à des séances de formation autour du changement climatique, de l’écocitoyenneté, de l’entrepreneuriat et de la communication digitale.
Pour Patrick Saint-Pré, journaliste, communicateur social et coordonnateur général de Haïti Climat, cette initiative répond à un besoin précis : donner aux jeunes les moyens de transformer leurs idées en actions concrètes. « Avoir la volonté d’agir ne suffit pas. Il faut avoir les outils nécessaires et les connaissances appropriées pour transformer une idée en une initiative concrète », explique-t-il.
À travers cette première édition, l’organisation voulait dépasser la simple sensibilisation. Le programme était construit autour d’un principe : « apprendre, créer et agir ». « Apprendre, parce qu’avant d’entreprendre des actions sérieuses, il faut comprendre les problèmes. Créer, parce que les défis auxquels nous faisons face exigent de nouvelles idées et des solutions adaptées à notre réalité. Et agir, parce que les connaissances qui ne conduisent pas au changement restent limitées », précise Patrick Saint-Pré.
Le climat au cœur de la formation
Le choix du changement climatique comme thème central n’est pas anodin. Haïti figure parmi les pays les plus vulnérables aux effets des changements climatiques, entre multiplication des événements extrêmes, dégradation des écosystèmes et fragilité des infrastructures.
Pour Dimitry Sergio Charles formateur lors de cette activité, la compréhension des enjeux climatiques doit commencer par la construction d’une citoyenneté responsable. « Nous avons voulu travailler sur la construction de l’individu, sur ses potentiels, ses droits et ses devoirs, afin qu’il puisse devenir un citoyen responsable », explique-t-il.
Selon le formateur, un citoyen engagé doit également comprendre son environnement et les responsabilités qui l’accompagnent. « Le changement climatique est un problème global. Il touche toutes les régions et toutes les générations. Nous avons donc besoin de développer une culture de résilience et d’écocitoyenneté », ajoute-t-il. Les participants ont ainsi été sensibilisés aux liens entre climat, gestion des déchets, énergie, développement durable et résilience communautaire.
Transformer les idées en projets
Au-delà de la sensibilisation, l’Université d’été Haïti Climat voulait également aider les jeunes à passer à l’étape suivante : concevoir des initiatives concrètes. L’entrepreneuriat a donc occupé une place importante dans la formation. Pour les organisateurs, les défis environnementaux peuvent aussi devenir des opportunités économiques, notamment dans des secteurs comme la valorisation des déchets ou l’utilisation durable des ressources locales. « L’entrepreneuriat représente une capacité à créer des solutions face aux difficultés économiques et sociales », affirme Resta-Dieu Cetoute.
Pour M. Cetoute, il est essentiel d’apprendre aux jeunes à transformer les ressources disponibles autour d’eux en projets utiles pour leur communauté. « Il faut apprendre à transformer ce qui nous entoure en ressources profitables pour le milieu, pour la communauté et pour l’environnement », souligne-t-il. Les participants ont également été initiés à la conception de projets, à la budgétisation et aux stratégies de financement, des outils indispensables pour donner une dimension concrète à leurs idées.
La communication digitale comme levier d’engagement
Dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la circulation de l’information, la communication digitale a également été intégrée au programme. Pour Jean Mary Simon, formateur, les jeunes ont montré un intérêt particulier pour ces outils. « Les jeunes ont une véritable soif de connaissances. Ils veulent comprendre comment utiliser les outils disponibles pour développer leurs idées et sensibiliser leur communauté », explique-t-il.
La formation visait notamment à renforcer leur capacité à produire des messages de sensibilisation sur les questions environnementales. « Nous avons travaillé sur leur capacité à concevoir des messages pertinents, utiles et capables de toucher d’autres jeunes », précise-t-il. Une approche qui pourrait permettre aux participants de devenir des relais d’information dans leurs quartiers, écoles et communautés.
Même si les organisateurs prévoyaient initialement accueillir davantage de participants, ils considèrent cette première édition comme une réussite en raison de la qualité des échanges et de l’engagement des participants. « Ce qui compte pour nous, ce n’est pas seulement le nombre, mais surtout la qualité de la participation, l’intérêt démontré et la volonté d’apprendre », explique Patrick Saint-Pré.
Selon lui, l’ouverture de l’Université d’été à un public plus large constituait également une étape importante pour Haïti Climat, qui avait auparavant concentré plusieurs de ses formations sur des publics spécialisés. L’organisation estime que cette initiative répond à une demande réelle dans la société haïtienne. « Les thématiques abordées correspondent à des besoins exprimés dans nos communautés : leadership, écocitoyenneté, changement climatique, gestion de projets et communication », affirme Patrick Saint-Pré.
À travers cette première édition, Haïti Climat entend poser les bases d’un programme durable de formation et d’engagement citoyen. L’objectif, selon les organisateurs, n’est pas seulement d’informer les jeunes sur les défis environnementaux, mais de leur donner les moyens de devenir des acteurs du changement. « Notre ambition est de déclencher une volonté d’agir et de transformer cette volonté en initiatives concrètes », conclut Patrick Saint-Pré.
Esther Kimberly BAZILE
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