La Coupe du monde de la FIFA est de retour cette année. Il s’agit de la 23e édition de ce tournoi qui fait vibrer des milliards de personnes à travers le monde. Pendant un peu plus d’un mois, du 11 juin au 19 juillet 2026, des millions de supporters traverseront les frontières pour encourager leur équipe nationale. Des milliers de vols décolleront, transportant joueurs, journalistes, officiels et passionnés de football vers les stades nord-américains.
Cette édition marque un tournant historique. Pour la première fois, la Coupe du monde est organisée conjointement par trois pays : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Autre nouveauté majeure : le tournoi accueille désormais 48 équipes, contre 32 auparavant, réparties dans 16 villes hôtes à travers tout le continent.
Il va sans dire qu’il s’agit d’un événement mythique, festif et rassembleur. Pendant quelques semaines, les drapeaux flottent avec fierté, les émotions se partagent et les peuples se retrouvent autour d’une même passion. Cette année, une émotion particulière nous habite : le drapeau de notre chère Haïti est de retour sur la scène mondiale après 52 ans d’absence. Quelle immense fierté pour toute une nation!
Mais, derrière cette grande fête du football se cache une réalité dont on parle peu, son impact sur l’environnement.
Un événement capable de réunir la planète entière révèle aussi l’empreinte écologique de nos modes de déplacement et de consommation. Les grands rendez-vous sportifs sont parmi les événements qui génèrent les émissions de gaz à effet de serre les plus importantes.
Une Coupe du monde mobilise des millions de supporters qui voyagent principalement en avion, des centaines d’équipes, d’officiels et de journalistes, des dizaines de stades, d’hôtels et de réseaux de transport qui consomment énormément d’énergie, sans oublier les besoins considérables en eau et en électricité. Tous ces éléments contribuent à une empreinte carbone particulièrement élevée.
Selon l’organisation Scientists for Global Responsibility, la Coupe du monde 2026 pourrait générer au moins 9 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Cela se compare à une moyenne de 4,7 millions de tonnes d’équivalent CO2 pour les quatre finales précédentes, entre 2010 et 2022. L’augmentation du nombre d’équipes, la multiplication des villes hôtes et les longues distances à parcourir entre les matchs expliquent en grande partie cette hausse.
Ces chiffres ne diminuent en rien la magie du football. Ils nous rappellent simplement qu’un événement aussi grandiose n’est pas sans conséquences pour la planète. Aujourd’hui, célébrer le sport et protéger l’environnement ne devraient plus être deux objectifs opposés. Au contraire, ils doivent avancer ensemble. Car, le véritable défi n’est pas seulement de remporter une Coupe du monde, mais aussi de préserver le terrain de jeu le plus précieux que nous ayons, qui est notre planète.
Kattia Jean François
Master 2 en Climat et Médias
Coordinatrice de l`émission Haiti Climat
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