Climat

Rapports climatiques : Haïti renforce les compétences de ses institutions techniques

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Dans un contexte où les exigences internationales en matière de transparence climatique deviennent de plus en plus rigoureuses, Haïti poursuit le renforcement de ses capacités techniques et institutionnelles. Les 14 et 15 avril 2026, le ministère de l’Environnement (MdE), à travers l’Unité de Coordination des Conventions Internationales relatives à l’Environnement (UCCIE), a organisé à l’hôtel Kinam un atelier de formation consacré aux Tableaux de Format Commun (CTF) et à la consultation des parties prenantes. Cette activité s’inscrivait dans le cadre des projets CBIT-Haïti et ICAT, deux initiatives appuyant le pays dans la mise en œuvre du Cadre de transparence renforcé prévu par l’Accord de Paris.

Renforcer le système de transparence climatique d’Haïti

Signataire de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et de l’Accord de Paris, Haïti est tenue de produire régulièrement sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) ainsi que ses Rapports biennaux de transparence (BTR).

Ces rapports reposent sur des données fiables et harmonisées, notamment à travers les Tableaux de Format Commun (CTF), considérés comme des outils essentiels pour assurer la cohérence et la comparabilité des informations climatiques transmises à la communauté internationale.

L’atelier visait ainsi à améliorer la maîtrise des mécanismes de collecte, de traitement et de validation des données climatiques au sein des institutions nationales impliquées dans le système MRV (Mesure, Rapportage et Vérification).

Une mobilisation multisectorielle autour des enjeux climatiques

Au total, 42 participants issus de 14 institutions publiques, universitaires et techniques ont pris part aux travaux. Le ministère de l’Environnement représentait plus de la moitié des participants, témoignant de son rôle central dans la coordination du système national de transparence climatique.

Malgré cette mobilisation, les organisateurs ont relevé l’absence de certaines institutions stratégiques, notamment la Direction de la Protection Civile (DPC), le Ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) ainsi que le Bureau des Mines et de l’Énergie (BME).

Plateforme MRV, décret SNMRV et CTF au centre des discussions

Les travaux ont été marqués par plusieurs sessions techniques portant sur les principaux outils du système national MRV.

La firme CITEPA a notamment présenté la plateforme nationale MRV destinée à faciliter la gestion des inventaires de gaz à effet de serre (GES). Les participants ont assisté à des démonstrations pratiques sur l’intégration, le traitement et la validation des données climatiques.

De son côté, Me Idonal Caze a présenté l’avant-projet de décret relatif au Système National de Mesure, Rapportage et Vérification (SNMRV), appelé à institutionnaliser le dispositif national de suivi climatique. Le projet prévoit une architecture articulée autour de plusieurs niveaux de gouvernance ainsi que des sous-systèmes consacrés aux inventaires de GES, à l’atténuation, à l’adaptation et au soutien climatique.

La firme Équiterra Conseil a, pour sa part, animé plusieurs modules de formation approfondie sur les CTF, abordant notamment les exigences du Cadre de transparence renforcé, les mécanismes d’assurance qualité et les règles de flexibilité prévues pour les pays en développement.

Des exercices pratiques ont également permis aux participants d’identifier les lacunes existantes dans la disponibilité des données ainsi que les responsabilités institutionnelles par secteur, notamment dans les domaines AFAT (Agriculture, Foresterie et Affectation des Terres) et Déchets.

Des défis encore importants à relever

Si l’atelier est globalement considéré comme une avancée positive pour le système national MRV, plusieurs défis persistent.

Le rapport d’évaluation souligne notamment une participation inégale des institutions, une dynamique d’échanges parfois limitée ainsi qu’un besoin de renforcer davantage la compréhension des exigences du Cadre de transparence renforcé.

Les organisateurs ont également relevé la nécessité d’améliorer la coordination interinstitutionnelle et de multiplier les formations techniques afin de consolider durablement les capacités nationales.

Vers une gouvernance climatique plus efficace

Au-delà des aspects techniques, cette initiative traduit la volonté des autorités environnementales de structurer progressivement un système national de transparence climatique plus robuste et opérationnel.

En renforçant les compétences des acteurs nationaux et en améliorant les outils de suivi et de rapportage, Haïti entend mieux répondre à ses engagements internationaux tout en disposant de données plus fiables pour orienter ses politiques climatiques et environnementales.

Pour les responsables du projet, cet atelier constitue une étape supplémentaire vers la consolidation d’une gouvernance climatique plus transparente, coordonnée et efficace dans un pays particulièrement vulnérable aux effets des changements climatiques.

Patrick SAINT-PRÉ

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