« Cette statistique de plus de 92 % de non-conformité est bien plus qu’un chiffre ; c’est le signal d’une urgence sanitaire nationale immédiate. La consommation de cette eau contaminée expose la population à des risques graves et avérés », C’est par ces mots que le Dr Noël Francisco, directeur de la promotion de la santé et de la protection de l’environnement au ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), alerte la population haïtienne face à une crise sanitaire majeure liée à l’eau dans les sachets en Haïti.

Dir. de la promotion de la santé et de la protection de l’environnement au MSPP
Selon les dernières analyses du ministère du Commerce et de l’Industrie, plus de 92 % des échantillons prélevés dans le pays ne respectent pas les normes de qualité, exposant la population à des risques graves et immédiats.
Cette situation, qualifiée d’urgence nationale par le docteur Francisco Noël lors d’une interview avec notre rédaction ce lundi 9 février 2026, crée un terrain propice à la propagation de maladies hydriques telles que la diarrhée aiguë, la typhoïde, l’hépatite A et, potentiellement, le choléra. Les enfants de moins de cinq ans, les personnes âgées et les individus immunodéprimés sont particulièrement vulnérables, avec un risque accru d’hospitalisation et de décès évitable.
D’après le Dr Francisco, cette crise découle de défaillances systémiques à tous les niveaux :
• Production et intrants : utilisation d’eau de surface ou de nappes phréatiques non protégées, absence de traitement efficace, hygiène insuffisante et matériaux non conformes.
• Cadre réglementaire : le Règlement sur la qualité de l’eau (RQE), prévu pour encadrer la filière, n’a pas encore été adopté officiellement, laissant un vide réglementaire.
• Contrôle et surveillance : les inspections et analyses sont limitées, les auto-contrôles peu fréquents et la production informelle prolifère.
Face à cette situation critique, M. Noël révèle que le MSPP a déclenché un plan d’urgence reposant sur trois axes : Surveiller, Réprimer et Informer.
• Surveillance renforcée : multiplication des prélèvements surprises et analyses accélérées en laboratoire pour identifier les lots d’eau contaminés.
• Actions coercitives : retrait et destruction immédiate des lots dangereux, fermeture administrative des unités non conformes et sanctions pénales pour les contrevenants.
• Communication et sensibilisation : alertes permanentes à la population, recommandations pour faire bouillir l’eau ou utiliser des pastilles de chlore, et vigilance sur l’origine des sachets d’eau.
Le professionnel de la santé insiste : évitez toute eau d’origine inconnue, faites bouillir toute eau de boisson pendant au moins cinq minutes et réagissez immédiatement en cas de symptômes.
Enfin, il appelle à une action coordonnée de l’État pour une solution durable. Et selon lui le projet « Dlo Trete Se Lavi » vise à garantir une eau embouteillée sûre et accessible à tous, mais sa mise en œuvre nécessite la coopération de tous les ministères concernés.
Jean Rony Poito PETIT FRÈRE
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