Lors de l’émission Haïti Climat du 18 décembre 2025, l’ingénieur agronome Jean-Camille Bissereth a abordé un thème central pour l’avenir de l’agriculture et du développement durable : « L’agroécologie, un levier pour la production nationale et le développement durable ».

Pour M. Bissereth, l’agroécologie n’est pas seulement une approche environnementale. Elle a également un impact direct sur la santé des populations. En Haïti, les maladies cardiovasculaires restent parmi les principales causes de mortalité, souvent liées à une mauvaise alimentation et à la consommation de produits transformés ou contaminés par des pesticides et autres produits chimiques. L’ingénieur agronome a souligné que retourner à de bonnes pratiques alimentaires, en consommant des produits bio et naturels, pouvait améliorer significativement la santé des Haïtiens.
L’agroécologie encourage ainsi la production de fruits, légumes et céréales sans pesticides, favorise la biodiversité et permet de concilier productivité agricole et respect de l’environnement. « En promouvant l’agroécologie, nous protégeons non seulement la terre, mais nous améliorons aussi la santé de nos citoyens », a affirmé M. Bissereth.
Mais l’agroécologie est aussi un outil stratégique pour renforcer la production nationale. Face à une dépendance élevée aux importations alimentaires, Haïti peut bénéficier d’une agriculture locale plus résiliente, capable de produire de manière diversifiée et durable.
Contrairement à l’agriculture conventionnelle, qui repose sur les monocultures et les intrants chimiques, l’agroécologie mise sur la rotation des cultures, l’agroforesterie, la gestion durable des sols et de l’eau, tout en valorisant les savoirs traditionnels des paysans. Ces pratiques ne sont pas seulement écologiques ; elles sont également économiques et adaptées aux réalités locales.
Selon l’ingénieur agronome, les paysans haïtiens ont déjà pratiqué l’agroécologie sous une forme traditionnelle, mais pour que ce modèle se développe à grande échelle, il est indispensable de mettre en place des politiques publiques claires et un cadre institutionnel solide. Formation des agriculteurs, appui technique, accès aux semences locales et promotion de l’agriculture bio sont autant d’éléments nécessaires pour transformer ces pratiques en véritable moteur de production nationale et de santé publique.
Le message de l’ingénieur agronome est clair : l’agroécologie n’est pas une simple alternative, mais une opportunité concrète pour Haïti de combiner production alimentaire, santé et respect de l’environnement. Il reste maintenant à traduire cette vision en actions concrètes et en politiques qui soutiennent les paysans, valorisent les pratiques traditionnelles et garantissent un avenir durable pour l’agriculture haïtienne.
Esther Kimberly BAZILE
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