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COP30 : décisions clés, gouvernance climatique et opportunités concrètes pour Haïti

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Un webinaire consacré à la COP30 a réuni en décembre 2025 des représentants d’institutions publiques, du monde académique et de la société civile afin d’analyser les principales décisions issues de la trentième conférence des parties (COP30), leurs implications pour Haïti et le rôle de la science dans la gouvernance climatique.

Prenant la parole, le président de l’Institut des sciences de technologie et des études avancées d’Haïti (ISTEAH), Samuel Pierre, a indiqué que « les changements climatiques ont constitué un enjeu majeur pour Haïti et ont exacerbé sa vulnérabilité ». Il a expliqué que les impacts climatiques ont aggravé les risques liés aux catastrophes naturelles et ont freiné les efforts de développement. Selon lui, « le consortium a travaillé à identifier des solutions pour le relèvement du pays face aux menaces climatiques ». Il a souligné qu’Haïti doit affronter deux catégories de menaces, précisant que « les menaces humaines, tout comme les menaces naturelles, ont fragilisé davantage le territoire et les populations ».

De son côté, le directeur général du ministère de l’Environnement, Emmanuel Philippe, a présenté les perspectives générales et a affirmé que « la COP30 a été un moment important pour Haïti ». Il a précisé que la délégation haïtienne a porté « la voix de la justice climatique » sur la scène internationale, rappelant que le pays a subi fortement les effets du changement climatique malgré sa faible contribution aux émissions mondiales. Il a insisté sur le fait qu’« il est impératif d’améliorer la gestion des bassins versants », qu’il considère comme un élément central de la réduction des risques environnementaux.

Emmanuel Philippe a expliqué également que les décisions issues de la COP30 se sont inscrites dans une vision à moyen et long terme, avec des engagements allant jusqu’en 2035. Il a avancé que « les États ont convenu de renforcer de manière significative les financements dédiés à l’adaptation climatique », notamment à travers le triplement des fonds disponibles pour les pays vulnérables. Il a souligné que la conférence a mis l’accent sur « la mise en œuvre opérationnelle des engagements », appelant à des mesures concrètes et applicables. Il a ajouté que « la transition juste et la création d’emplois verts ont été désormais au cœur des décisions », tout en insistant sur la nécessité d’accélérer le développement des énergies renouvelables. Toutefois, il a reconnu que « les besoins des populations vulnérables restent immenses ».

Intervenant sur le thème science, territoire et gouvernement climatique, le professeur Carlo Prévil a partagé son analyse. Il a expliqué que « les engagements internationaux ont toujours existé, mais leur mise en œuvre demeure extrêmement complexe ». Il a souligné que « le renforcement de la responsabilité de l’État est indispensable », tout comme l’amélioration des capacités institutionnelles. Selon lui, « il faut aussi avoir le courage de reconnaître les faiblesses structurelles pour mieux les corriger ».

Abordant le positionnement d’Haïti à la COP30, Gerdy Pierre, intervenante, a affirmé que « Haïti a fait beaucoup d’efforts pour se positionner dans les négociations climatiques ». Elle a expliqué que les priorités du pays ont été clairement définies et ont porté sur « l’adaptation aux changements climatiques, le financement climatique, la transition juste et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

Par ailleurs, Mme Pierre a aussi mis en avant le Fonds Initiatives pour les forêts, lancé dans le cadre de la COP30, que les représentants ont jugé « particulièrement bénéfique pour Haïti ». Ils ont expliqué que cette initiative visait à soutenir la protection, la restauration et la gestion durable des forêts, tout en améliorant les conditions de vie des communautés locales. Dans un contexte marqué par la déforestation et la dégradation des bassins versants, ce fonds a représenté « une opportunité stratégique majeure pour réduire les risques climatiques et renforcer la résilience du pays ».

Les intervenants se sont accordés sur le fait que le principal défi a consisté désormais à « transformer les décisions de la COP30 en actions stratégiques concrètes ». La science, la gouvernance climatique et la coopération institutionnelle sont apparues comme des leviers essentiels pour bâtir une Haïti plus résiliente face aux changements climatiques.

Esther Kimberly BAZILE

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